Carburants alternatifs : E85, GPL, biodiesel… que choisir ?

Carburants alternatifs

Face à l’urgence climatique, la question des carburants alternatifs gagne en importance chaque année. En 2025, alors que les motorisations thermiques classiques voient leur avenir se réduire drastiquement sur le marché européen, s’imposer comme un expert des alternatives au diesel et à l’essence devient vital. Jusqu’où ces nouvelles sources d’énergie peuvent-elles réellement remplacer les carburants fossiles ? Le E85, le GPL ou encore le biodiesel sont autant d’options qui séduisent par leur potentiel écologique et économique, mais leur choix n’est pas toujours simple à faire. De la production aux impacts concrets sur le parc automobile, explorons en détail ces alternatives pour mieux comprendre leurs rôles actuels dans la mobilité durable.

Bioéthanol E85 : un pari accessible et économique pour la transition énergétique

Le bioéthanol E85 est aujourd’hui l’un des carburants alternatifs les plus accessibles aux automobilistes français. Composé majoritairement d’éthanol d’origine végétale issu notamment du maïs, de la betterave ou de la canne à sucre, ce carburant est dilué avec de l’essence à hauteur de 15 à 35 %. Son autre nom, « superéthanol E85 », souligne sa forte teneur en biocarburant.

Son succès provient en partie de son coût attractif, généralement près de deux fois inférieur à celui de l’essence classique. Cette différence de prix est un argument de poids dans un contexte où le prix des carburants traditionnels a connu une volatilité importante depuis la crise en Ukraine. La production française permet par ailleurs d’éviter l’émission d’environ un million de tonnes de CO2 chaque année, selon les chiffres de l’UFC-Que-Choisir.

Depuis 2020, le parc véhicules compatibles, dits flex-fuel, s’est élargi et il est désormais possible de transformer un véhicule essence classique en véhicule adapté à l’E85 grâce à un boîtier flexfuel. Cette conversion ajuste la cartographie moteur afin de gérer la combustion différente du bioéthanol, qui possède un indice d’octane plus élevé. Le coût varie entre 700 et 1 500 euros selon le modèle, avec des options de location longue durée.

Toutefois, le bioéthanol n’est pas exempt d’inconvénients. Son usage provoque une surconsommation de 10 à 20 % comparé à l’essence, et son démarrage par temps froid peut être plus lent. De plus, seulement 39 % des stations proposent l’E85, bien que des acteurs majeurs comme TotalEnergies, BP et Shell s’impliquent davantage dans son déploiement. Les questions liées à l’impact agricole, notamment la concurrence avec les cultures alimentaires, doivent être gérées avec rigueur pour éviter toute controverse environnementale.

GPL et GNV : des alternatives gazières économiques et moins polluantes

Les carburants à base de gaz comme le GPL (gaz de pétrole liquéfié) et le GNV (gaz naturel véhicule) se positionnent depuis plusieurs années comme des alternatives intéressantes au diesel, en particulier pour les flottes professionnelles et les véhicules utilitaires. Leur avantage principal réside dans une réduction notable des émissions polluantes, notamment des particules fines et des oxydes d’azote.

Le GPL est principalement un mélange de propane et butane, stocké sous pression. Installé depuis longtemps via un kit de conversion, il équipe des millions de véhicules en Europe. Son prix reste compétitif, inférieur à celui du diesel, tout en diminuant les émissions de CO2 jusqu’à 15 %. Plusieurs acteurs comme Butagaz, Altens ou Vertoil proposent des solutions clé en main pour la conversion ou l’installation directe chez le constructeur.

Du côté du GNV, utilisé aussi bien sous forme comprimée (GNC) que liquéfiée (GNL), l’impact environnemental est plus marqué. La version « bioGNV », produite à partir du biométhane issu de la méthanisation de déchets organiques, affiche une réduction des émissions de CO2 pouvant atteindre 80 % par rapport au diesel. Le nombre de points de ravitaillement s’élève désormais à plus de 300 en France, avec des collectivités et entreprises locales impliquées pour développer le réseau.

Les poids lourds et bus bénéficient particulièrement de cette technologie, qui propose des autonomies comparables aux carburants liquides et une réduction évidente de la pollution atmosphérique locale. Toutefois, la faible densité énergétique par rapport au carburant liquide rend les véhicules GNV plus volumineux. Shell et AVIA participent activement au développement des stations, augmentant ainsi la couverture géographique utile.

Le biodiesel B100 : un carburant 100 % végétal qui s’adresse aux poids lourds

Le biodiesel B100, entièrement élaboré à partir d’huiles végétales comme le colza, constitue une option de plus en plus étudiée pour décarboner le transport lourd. Sa capacité à réduire les émissions de CO2 de 60 % par rapport au gazole standard en fait un allié de poids pour les entreprises engagées dans la transition écologique.

Son usage nécessite toutefois des adaptations spécifiques des moteurs et un approvisionnement contrôlé, ce qui limite son déploiement pour le grand public. Les flottes captives – notamment dans le secteur du transport et des transports collectifs – sont les utilisateurs principaux aujourd’hui. Les industriels soulignent également la nécessité d’assurer une traçabilité stricte et la durabilité des cultures employées.

Le biodiesel B100 bénéficie d’un avantage réglementaire indirect, avec une éligibilité à la vignette Crit’Air 1, ce qui facilite son accès aux centres urbains soumis à des restrictions pour les véhicules les plus polluants. Cependant, la logistique d’approvisionnement reste complexe, notamment en termes de livraison et stockage dans les stations.

Les acteurs comme Leclerc Energies ou Dyneff s’intéressent à cette filière, parfois en association avec des programmes locaux visant à promouvoir l’économie circulaire par la valorisation de ressources agricoles régionales.

Voitures électriques et hybrides rechargeables : la mobilité durable en pleine croissance

L’électrification des véhicules est au cœur des stratégies pour réduire significativement les émissions liées aux transports. L’année 2025 marque un tournant avec une part croissante des voitures électriques dans les immatriculations, atteignant désormais environ 20 % du marché français. Les progrès en autonomie, avec des modèles dépassant régulièrement les 400 km, font reculer l’angoisse de la panne sèche.

Les véhicules hybrides rechargeables (PHEV) offrent un compromis pertinent. Ils permettent des déplacements urbains fréquents en mode électrique, avec des recharges faciles à domicile, tout en gardant un moteur thermique pour les trajets plus longs, conservant ainsi la flexibilité.

La recharge rapide se démocratise grâce à un réseau public en plein essor. Plus de 100 000 points de recharge sont disponibles, impulsés par des partenariats entre des groupes comme TotalEnergies, BP, Shell ou Vertoil, lesquels soutiennent également la décarbonation via des offres de fourniture d’électricité verte.

Les batteries lithium-ion restent la technologie dominante, mais des innovations comme les batteries à électrolyte solide promettent une révolution dans les années à venir : densité énergétique améliorée, recharges ultra-rapides et sécurité accrue sont au cœur des attentes.

Hydrogène vert et e-carburants : innovations clés pour la décarbonation des transports lourds et aériens

L’hydrogène vert apparaît comme une solution clef pour des usages où la batterie électrique atteint ses limites, à savoir les transports lourds, le transport longue distance et même l’aviation. Produit par électrolyse de l’eau grâce à l’électricité renouvelable, cet hydrogène permet une mobilité zéro émission, émettant uniquement de la vapeur d’eau en fonctionnement.

Les véhicules à pile à combustible, bien que rares dans le parc actuel, gagnent en visibilité. Leur autonomie comparable à celle des véhicules thermiques et leur recharge en quelques minutes séduisent un large panel d’utilisateurs professionnels, notamment dans les bus ou camions. Néanmoins, la faible densité du réseau de 66 stations en France limite encore fortement son accessibilité.

Face à cet enjeu, plusieurs projets ambitieux, regroupant des partenaires tels que TotalEnergies et AVIA, s’attèlent à multiplier les stations d’avitaillement pour couvrir les grands axes et zones urbaines importantes. Le développement de stations intégrées de production et distribution aussi bien pour l’hydrogène que pour les e-carburants constitue un axe essentiel.

Les e-carburants, notamment l’e-diesel et l’e-kérosène, produits par la technologie Power-to-Liquid, sont issus de la synthèse du CO2 atmosphérique avec l’hydrogène vert. Ce procédé autorise la fabrication de carburants neutres en carbone, utilisables directement dans les moteurs thermiques actuels sans modification.

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